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Région du Sud-Ouest : Les semences améliorées, une alternative pour booster les rendements des producteurs

LEFASO.NET | Par Boubacar TARNAGDA

vendredi 27 juillet 2018

Le Burkina Faso, pays sahélien avec une population majoritairement agricole, connaît, depuis quelques années, de faibles rendements en productions agricoles. Selon les agronomes, cela peut s’expliquer par certains aléas climatiques et environnementaux. Pour y remédier, des travaux de recherche ont été menés pour mettre à la disposition des agriculteurs des sémences améliorées, qui s’adaptent mieux au changement climatique. Quelle est l’importance de ces nouvelles semences ? Quel regard les producteurs ont sur ces innovations ? Comment ces semences améliorées sont-elles produites et utilisées ? Les quatre provinces du Sud-Ouest, à savoir le Noumbiel, le Poni, la Bougouriba et le Ioba, se sont inscrites dans cette dynamique de vulgarisation des semences améliorées. Témoignages des acteurs concernés à la date du 28 juin 2018.

Région du Sud-Ouest : Les semences améliorées, une alternative pour booster les rendements des producteurs

Selon la Direction régionale de l’agriculture et des aménagements hydrauliques du Sud-Ouest (DRAAH-SO), l’utilisation des semences améliorées est une réalité dans cette partie du Burkina Faso. En effet, une trentaine de producteurs semenciers sont installés dans la région, avec une forte concentration dans la province du Poni. Les semences produites sont entre autres le maïs SR 21, le maïs H (hybride) bondofa, le maïs Espoir R1, barka, wari, le riz TS2, le sorgho kapelga R1. Ces semences sont produites en grande quantité par les producteurs semenciers qui trouvent les semences de base à l’INERA (Institut national de l’environnement et de la recherche agricole).

Une fois ces semences récoltées, elles sont mises à la disposition des producteurs agricoles qui les utilisent à leur tour comme semences dans les champs. La vulgarisation des semences améliorées au détriment des anciennes variétés s’explique par plusieurs raisons, selon les experts.

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Pour l’inspecteur régional des semences du Sud-ouest Amara Ouattara les semences améliorées contribuent à faire des productions efficientes face aux changements climatiques

Ainsi, pour l’inspecteur régional des semences du Sud-Ouest, Amara Ouattara, les anciennes variétés de semences sont tardives. Avec la pluviométrie irrégulière et mal repartie ces dernières années, les chercheurs ont jugé nécessaire de trouver des variétés de semences plus précoces, qui résistent mieux au changement climatique. En plus, ces nouvelles semences résistent mieux à certaines maladies et le rendement est largement satisfaisant, comparativement aux anciennes variétés de semences. Cela est confirmé par quelques visites de champs de producteurs semenciers.

Dans la province du Poni, à Djikando, village situé à une dizaine de kilomètres de Gaoua, capitale régionale du Sud-ouest, Nandomo Palenfo entretient une exploitation d’environ 200 hectares. Il y produit diverses variétés de céréales. On y trouve entre autres du maïs Espoir R1, du maïs Bondofa (« remplir le grenier », en langue dioula), du maïs FBC6, du maïs Koumsaya, du maïs SR21, du riz TS2, du riz Orynux-6, du riz Nerika. Il en est de même à 25 km de Gaoua, dans la commune rurale de Perigban, où un autre producteur semencier, Denis Da, dispose d’une exploitation d’une superficie de 25 hectares. Il produit, sur 23 hectares, du maïs SR 21 et sur deux hectares, du sorgho Kapelga R1.

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Le producteur de mais à Djikando Youlbouré Youl : « Il faut respecter les normes techniques de culture pour atteindre les rendements escomptés »

Les deux producteurs semenciers apprécient très positivement le travail des chercheurs qui ont mis ces semences à leur disposition. Mais cela est conditionné par le respect des normes techniques de production. Elles se résument à l’isolement qui est la distance entre deux espèces produites. Entre le maïs et le sorgho par exemple, l’isolement doit être de 200 mètres ; 25 mètres doivent séparer le maïs du sésame, du niébé ou du soja. En outre, les semis doivent être obligatoirement en ligne et les écartements respectés en fonction de l’espèce utilisée. Le maïs par exemple doit avoir un écartement de 80/40.

Une autre norme technique, c’est l’entretien qui consiste à rendre le champ propre en le débarrassant des herbes et en appliquant la dose d’engrais recommandée. Il y a aussi l’épuration qui recommande d’enlever toutes les plantes qui ne sont pas de même taille car toutes les plantes de la même espèce doivent être au même niveau de développement.

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Une exploitation de sorgho Kapelga R1 d’un paysan de Oronkuo dans le Ioba

Enfin, après les récoltes, les céréales doivent être bien triées pour extraire les impuretés et autres saleté. Cela est confirmé par Youlbouré Youl du village de Djikando dans le Poni, qui produit du maïs FBC6 sur trois hectares. Il estime sa production à 4,5 tonnes à l’hectare, à condition d’observer les directives des encadreurs agricoles.

Il ajoute qu’avec cette rentabilité, les besoins en céréales sont garantis et le reste de la production peut être vendu pour assurer diverses dépenses. Jean Claude Somé de la localité de Oronkua magnifie aussi les semences améliorées. Sur un hectare et demi, il a récolté une tonne sorgho Kapelga R1 l’année dernière. À ce titre, il juge ce rendement nettement meilleur à l’ancienne variété de semence qu’il utilisait.

Dans la Bougouriba, Justin Somé produit, dans son exploitation, la variété de maïs la SR21. Ce choix se justifie par la précocité de cette variété qui s’adapte aux pluies qui deviennent de plus en plus rares et instables. Il évoque aussi la disponibilité des intrants en temps opportun, ce qui permet de respecter les normes techniques.

Boubacar Tarnagda

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